Mon Parrain chéri,
C’est dans la peine que je t’écris
Ces quelques lignes contre l’oubli
Même si tu nous laisses ici-bas
Il me restera de toi
Ton sourire sur les photos
Ton doux regard en vidéo
Le son de ta voix en chansons
Et tes livres comme une leçon
Ta si farouche volonté
De rester droit de rester digne
De profiter de chaque signe
Que la vie peut nous envoyer
Il me restera de toi
Ces Noël à refaire le monde
Entre champagne et foie gras
A dire des bêtises à la ronde
En goûtant tous les chocolats
Nos vrais silences partagés
A savourer l’instant présent
A célébrer chaque moment
Nos verres à pied entrechoqués
Il me restera de toi
Tous nos fous rires au diapason
Nos érudites discussions
Et nos débats si passionnés
En famille lors des goûters
La certitude qu’il faut vivre
Avec le cœur sur la main
Et même sur un bateau ivre
Garder le cap avec entrain
Il me restera de toi
Nos cartes postales échangées
Pour tous nos anniversaires
Et sous les soleils d’été
Nos promenades en bord de mer
Tous ces petits éclats de vie
Quand tu m’appelais Lili
Et la chanson de Lara
Et le clocher de Commana
Oui Parrain
Il me restera de toi
Quelques mots sur le papier
Et une folle envie d’exister
Merci du fond du cœur
Pour ces souvenirs de bonheur
Je te laisse le dernier mot,
Avec cet extrait de ton livre « La dalle des mots – Vivre avec la sclérose en plaque » si plein d’humanité et d’espoir :
‘Je prends plaisir à l’écrire : j’aime la vie.
Pas seulement à force de me raisonner, de relativiser et de m’adapter. C’est que j’ai la chance de n’être jamais seul.
Tant que deux ombres avanceront ensemble dans le monde, il vaudra la peine d’être habité.’
Repose en paix.
(en hommage à Serge Cabioc’h, décédé le 12/03/2026).
